NOUVELLES DE CLARA

LE VISAGE D'EMMANUEL


NOUVELLES DE CLARA
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# Posté le vendredi 09 mai 2008 04:48

ARTICLE LE POINT

ARTICLE LE POINT
Farc : "La France dispose de moyens pour obtenir la libération des otages"

C'est suffisamment rare pour être souligné. Les Farc (Forces armées révolutionnaires de Colombie) ont choisi de commenter en temps réel la tournée diplomatique de Bernard Kouchner en Amérique du Sud. Un communiqué a été publié mardi par l'Anncol, une agence de presse proche de la guérilla, un de ses canaux de communication habituels.

Intitulé "La France persiste", ce court message salue la persévérance du "gouvernement de Sarkozy", mais rappelle que la France n'a "pas d'interlocuteur valide et fiable" avec les Farc. "Une médiation dans ces conditions est très difficile", poursuit le communiqué.

Toutefois, "la France dispose de moyens pour obtenir la libération des otages", explique la guérilla marxiste qui énumère les conditions d'une sortie de crise : "Retirer les Farc de la liste des organisations terroristes et les reconnaître comme une force belligérante." Des options déjà catégoriquement rejetées par le ministère des Affaires étrangères français dès le mois de janvier. Toutefois, François Fillon a exprimé à plusieurs reprises la disposition de la France à accueillir des guérilleros Farc , leur conférant le statut de "réfugié politique", comme il l'a rappelé le 30 mars .

"La France doit oublier Bogota, il n'y a pas de temps à perdre"

Mais surtout, rappelle l'Anncol, "le 1er juillet, la France prendra la présidence de l'Union européenne". L'occasion de "convaincre les 27 autres pays communautaires de la volonté de l'Europe de trouver des solutions pour la paix en Colombie".

Et le communiqué de faire la leçon aux autorités françaises : "Paris doit savoir que le gouvernement colombien n'a aucun intérêt à obtenir une sortie de crise concertée avec l'insurrection." Les Farc estiment que l'Église catholique et l'Espagne sont des "torpilles" qui empêchent le "retour rapide" d'Ingrid Betancourt et des autres otages.

"La France doit oublier Bogota, il n'y a pas de temps à perdre", poursuit le communiqué, avant de conclure : "Quito et Caracas sont ses meilleures alliées." Bernard Kouchner doit justement se rendre mardi en Équateur et mercredi au Venezuela...
# Posté le mercredi 30 avril 2008 05:55

ARTICLE AFP

ARTICLE AFP
Betancourt: Kouchner va montrer en Colombie la détermination de Paris

Il y a 1 jour

PARIS (AFP) — Bernard Kouchner, qui débute lundi une tournée en Colombie, Equateur et au Venezuela, va tenter de "renouer" le dialogue entre ces pays et montrer la détermination de la France à obtenir la libération de l'otage Ingrid Betancourt.

Le président Nicolas Sarkozy, qui a fait d'Ingrid Betancourt une cause nationale, l'a réaffirmé jeudi: il ne "renoncera pas" à la libération de l'otage franco-colombienne, aux mains de la guérilla marxiste des Farc depuis plus de six ans.

"La mission de Bernard Kouchner entend montrer au président colombien Alvaro Uribe que la France ne lâche pas", explique à l'AFP Hervé Marro, porte-parole du comité de soutien à Ingrid Betancourt.

La France, l'Espagne et la Suisse, les trois pays européens médiateurs dans le dossier des otages en Colombie, avaient dépêché en urgence un avion médicalisé sur la foi d'informations alarmantes, qui semblent aujourd'hui fausses, sur l'état de santé d'Ingrid Betancourt.

Outre un médecin, deux émissaires étaient à bord, chargés d'entrer en contact avec la guérilla. Mais les Farc avaient refusé, laissant entendre que la France avait été dupe de la "mauvaise foi" de M. Uribe.

"Les relations avec Bogota se sont refroidies car Paris a eu le sentiment de se faire avoir par les autorités colombiennes notamment sur l'état de santé d'Ingrid", affirme Olivier Roubi, vice-président de la Fédération internationale des comités Ingrid Betancourt.

"J'ai des doutes sérieux sur la validité des messages envoyés par les Farc et reçus par les émissaires et qui ont été le point de déclenchement de la mission humanitaire", estime aussi Fabrice Delloye, le père des enfants de l'otage, n'excluant pas une "manipulation" des autorités colombiennes.

Le dialogue est totalement rompu entre les Farc et M. Uribe depuis la mort du numéro deux des Farc Raul Reyes, tué dans un raid de l'armée colombienne en Equateur, et qui négociait une sortie politique à la crise des otages.

Sa mort a stoppé net les discussions en vue de la libération de 39 otages dits "politiques", dont trois Américains et Ingrid Betancourt, ex-candidate à la présidentielle colombienne, que les Farc entendent échanger contre quelque 500 guérilleros emprisonnés.

De plus, le raid colombien en territoire équatorien a provoqué une grave crise diplomatique entre, d'un côté la Colombie soutenue par les Etats-Unis, et de l'autre l'Equateur et le Venezuela, chaque camp s'accusant mutuellement de tentative de déstabilisation.

"C'est vrai que ça va être extrêmement difficile car le climat est pourri" entre le président colombien de droite Alvaro Uribe et ses homologues de gauche vénézuélien Hugo Chavez et équatorien Rafael Correa, selon M. Delloye.

M. Kouchner "rappellera l'attachement de la France à ce que soient renouées des relations confiantes entre ces trois pays", a indiqué son ministère vendredi en annonçant son voyage.

Selon Fabrice Delloye et les comités de soutien, M. Kouchner devrait faire pression sur M. Uribe pour qu'il accepte le retour de M. Chavez comme médiateur. "Jusqu'à présent, le seul qui puisse retrouver langue avec les Farc ça reste quand même Chavez et peut-être Correa", dit M. Delloye, soulignant que M. Chavez a obtenu des Farc la libération de six otages depuis janvier.

Reste que dès vendredi M. Uribe a réaffirmé qu'il s'opposerait à toute médiation de M. Chavez dont il avait brusquement mis fin à la mission en novembre.

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# Posté le dimanche 27 avril 2008 19:38

ARTICLE LE FIGARO

ARTICLE LE FIGARO
Clara Rojas appelle à la libération d'Ingrid

L'ex-assistante d'Ingrid Betancourt, Clara Rojas, libérée en janvier par les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), a appelé aujourd'hui la guerilla des Farc à libérer dès que possible l'otage franco-colombienne.

"Ce que je veux le plus, comme tous les Colombiens, c'est qu'elle soit libérée et je veux demander aux membres du secrétariat (dirigeants) des Farc qu'ils la libèrent", a-t-elle dit sur la radio colombienne Caracol.

"J'ai toujours eu beaucoup d'admiration et d'affection pour elle et cela ne change pas", a-t-elle dit. "Je serai très contente de la voir en liberté et en bonne santé".
# Posté le lundi 21 avril 2008 07:56

ARTICLE LE FIGARO

ARTICLE LE FIGARO
À El Capricho, village perdu en pleine zone Farc, Juan Carlos Lecompte s'est entretenu avec l'ambulancier du dispensaire qui aurait accueilli l'otage franco-colombienne (photo Renaud Girard).

AVEC LE MARI D'INGRID DANS LA JUNGLE

Notre reporter a accompagné Juan Carlos Lecompte sur les traces d'Ingrid Betancourt, qui est otage de la guérilla des Farc depuis 2002.
Tout à coup, pile le 4x4 de tête. Les commandos sautent du pick-up et se déploient en bordure de jungle, le doigt sur la détente de leurs fusils d'assaut. En plein milieu de l'ocre de la piste, se dresse une petite table de camping en plastique bleu. Dessus, trois bouteilles vides, une vieille musette militaire, des détritus. Drôle d'invitation à déjeuner. Le capitaine de cette unité d'élite de la police donne l'ordre de ne pas s'approcher. «Typique des Farc ! Mascarade ? Piège à l'explosif ? Le problème, c'est qu'on ne sait jamais à l'avance !» , dit-il, très calmement. Dix kilomètres auparavant, nous avons trouvé dans l'herbe un bout de cordon détonant. Il semblait neuf.

«C'est un message, pour montrer qu'ils tiennent le terrain, qu'ils ont des informateurs partout, qu'ils sont capables de monter en moins d'une demi-heure une telle mise en scène !» , explique Yolver Larrota, le chef de cabinet du maire de San José de Guaviare, à Juan Carlos Lecompte, assis à sa droite, à l'avant du pick-up tout-terrain de la municipalité, qui a pris la deuxième position dans le convoi. Issu d'une vieille famille de savonniers de Carthagène aux lointaines origines françaises, architecte passé à la pub comme créatif, le mari d'Ingrid Betancourt ne joue pas les héros. Il reconnaît que les routes défoncées, la jungle, les moustiques, la guerre, ce n'est pas son truc. Quand on lui demande si c'est son «premier Paris-Dakar», il cite en riant la chanson de Renaud : «Cinq cents connards sur la ligne de départ !» . Même dans les circonstances les plus dramatiques, un gentleman colombien ne perd ni son sens de l'humour ni l'élégance de l'autodérision.

Le côté cool de Juan Carlos, c'est sans doute ce qui a séduit Ingrid. Leur première rencontre remonte à 1994, lors d'un week-end organisé dans la propriété de Mauricio Villa, un riche ami commun, dans la montagne, à une heure et demi de route de Bogotá. Passionnée d'équitation, Ingrid montait là sa propre jument, presque chaque semaine. Juan Carlos est fasciné par cette jeune députée, élue au Congrès deux mois plus tôt. Elle ne lui prête aucune attention. Obstiné, le jeune homme se fait réinviter chez son ami à chaque fois qu'Ingrid a annoncé qu'elle viendrait. Six mois plus tard, un dimanche soir, elle accepte qu'il la raccompagne à Bogotá. Sur la route serpentant dans la cordillère, le petit Lorenzo, alors âgé de cinq ans, ne cesse de vomir dans la voiture. Ingrid se confond en excuses ; Juan Carlos lui assure que l'incident n'a aucune importance, réconfortant autant qu'il peut le garçonnet, né du premier mariage de la jeune femme avec le diplomate français Fabrice Delloye. Arrivée à Bogotá, Ingrid envoie sa bonne nettoyer la voiture. Juan Carlos, qui habite tout près, propose à Ingrid une virée à moto. C'est le début de leur relation sentimentale. Deux ans plus tard, le 30 janvier 1997, ils se marient, à Moorea (Polynésie française), de retour d'un voyage en Nouvelle-Zélande, où Ingrid, victime de menaces de mort en Colombie, était allée confier ses deux enfants à leur père, alors en poste à Auckland.

Depuis six ans qu'Ingrid est séquestrée par les Farc, Juan Carlos n'a pas eu de nouvelles de sa femme, hormis les trois vidéos transmises aux médias par les guérilleros (juillet 2002, août 2003, novembre 2007). Dans celle de 2003, figuraient six messages personnels, qu'Ingrid adressait, dans l'ordre, à Lorenzo, à Mélanie, à sa mère, à son mari, à sa s½ur Astrid, à Fabrice. Ému, Juan Carlos évoque le sien, une métaphore, caractéristique du tempérament poétique d'Ingrid : «l'amour est comme un fleuve, les eaux peuvent se séparer, mais elles finissent toujours par se retrouver en aval» .


La jungle n'est pas vide



Le convoi a repris sa progression dans la jungle. Nous sommes partis le matin de San José de Guaviare, minuscule chef-lieu de province lové dans un méandre du fleuve amazonien, pour rejoindre El Capricho, village perdu dans la campagne, en pleine zone traditionnelle des Farc, où Ingrid aurait reçu des soins, à la fin du mois de février. Juan Carlos a l'intention d'entendre lui-même ce que dit la population. Obstruée de gigantesques nids de poule, la piste fend une végétation inextricable. Une marée verte, à perte de vue, striée de minuscules rios. Parfois, émergent les falaises d'énormes rochers noirs, de la taille d'une colline. On se croirait dans L'Oreille cassée.

La jungle n'est pas vide. On croise des jinete, les gauchos colombiens, droits sur leurs chevaux. Ils vous jettent un regard bref, ni chaleureux, ni vraiment hostile, impénétrable. On croise aussi des camions du gouvernement provincial, remplis de terre, où il est écrit «Un pacto political y social». Pour éloigner la population de l'emprise des Farc, les autorités multiplient les constructions de routes, d'écoles, de dispensaires.

Par moments, le relief s'éclaircit, on tombe sur des clairières, où paissent des vaches. Les fincas ne sont que de misérables baraques de planches au toit de tôle. Ca sent la bouse, l'herbe, le brûlis. La déforestation est apparemment anarchique. Deux Indiens, chaussés de bottes en caoutchouc noir, descendent vers la route, le long d'un sentier. «Ce sont des raspachines (ramasseurs de feuilles de coca)», explique Yolver Larrota, le collaborateur du maire. Cinq cents mètres plus loin, on tombe sur une vaste surface, d'un vert plus pâle. C'est un champ de coca, dont les feuilles, pas encore mûres, poussent entre les squelettes de grands arbres calcinés.

Malgré les campagnes d'épandage aérien financées par les États-Unis, la production de cocaïne n'a pas grandement chuté en Colombie. Elle est toujours de 600 tonnes annuelles, ce qui représente une valeur de 20 milliards de dollars (un sixième du PIB du pays). Les trafiquants ont développé des espèces qui permettent quatre moissons par an. Dans les années 1980, les Farc ont développé une stratégie originale de broker, qui consistait à acheter à prix fixe la pâte de coca aux paysans, à protéger militairement les laboratoires de transformation, puis à vendre la cocaïne aux narcotrafiquants. Pour communiste qu'elle se prétende toujours, la plus vieille guérilla d'Amérique latine est riche.


Impôt et terreur révolutionnaires



Le problème est que l'argent ne fait pas bon ménage avec le marxisme. Début mars, deux des sept membres du secrétariat (la direction) des Farc ont été tués. Raul Reyes par une bombe de 250 kg guidée au laser, larguée la nuit par l'aviation colombienne, sur son camp secret, situé à deux kilomètres à l'intérieur du territoire équatorien. Ivan Rios fut abattu dans les montagnes de la cordillère centrale, par l'un de ses propres gardes du corps, qui amena ensuite la main coupée de son chef à la police. À l'informateur comme au tueur, le gouvernement versa la prime promise de 5 milliards de pesos (environ 2 millions d'euros).

Dans un hameau voisin d'El Capricho, on sait tout de suite à quoi s'en tenir. Peinte en noir sur un réservoir d'eau en ciment, une inscription murale proclame : «Unete a las Farc» (rejoignez les Farc). La calligraphie est soignée, on dirait une affiche murale du gouvernement. Ici règnent l'impôt et la terreur révolutionnaires. En mai 2002, les Farc furent capables d'enfermer dans leur église les paysans du village récalcitrant de Bojaya, puis d'y mettre le feu (119 morts, dont 45 enfants).

Au dispensaire comme à l'école d'El Capricho, le discours tenu à Juan Carlos Lecompte est le même : «Oui, on voit bien passer, de temps en temps, de petits groupes de Farc, mais jamais Ingrid n'est venue ici. Tout ça est le résultat d'un vaste bidonnage journalistique». Lorsqu'on demande à Bertha Ayala comment elle explique la disparition du médecin et de l'infirmière du dispensaire juste après la date de la supposée visite d'Ingrid, ainsi que celle du curé du village, à qui des paysans ayant vu Ingrid se seraient confiés, la sympathique directrice d'école répond en souriant : «Vous savez, dans la vie, les coïncidences existent. Le médecin et l'infirmière avaient fini leur temps réglementaire. Ils voulaient vivre ailleurs. Quant au curé, il est simplement parti en vacances !» Quelque chose cloche dans l'argument de l'institutrice. Dans ce pays profondément catholique, le curé d'El Capricho, parti fin février (et toujours pas revenu le 12 avril), aurait-il manqué la semaine sainte avec ses ouailles, pour simplement «prendre des vacances» ? Cela ne tient pas debout. Cela sent l'omerta à plein nez.

Revenu fourbu, tard le soir, à San José, Juan Carlos Lecompte ne sait pas à quoi s'en tenir. D'autant plus que Yolver Larrota lui a confié s'être entretenu avec des paysans début mars, bien avant que les médias ne se mêlent à l'affaire, et que tous lui avaient raconté qu'Ingrid avait bien passé une nuit au dispensaire, à la fin du mois de février.

Le lendemain matin, nous affrétons un petit Cessna 172, pour survoler la jungle en direction du sud, jusqu'à la bourgade de Calamar. Vus du ciel, les ravages de la déforestation sauvage semblent encore plus dramatiques. Assis à la place du copilote, Juan Carlos ouvre sa vitre, pour balancer des tracts illustrés de photos récentes de Mélanie et Lorenzo. Quelque 8 000 tracts, comme autant de bouteilles à la mer. Il fait le pari que les guérilleros en ramasseront plusieurs, et qu'Ingrid finira par en récupérer au moins un. Juan Carlos espère que l'image de ses enfants, maintenant magnifiques jeunes étudiants, redonnera à Ingrid l'envie de vivre, malgré le calvaire que lui font subir les Farc, depuis six très longues années.


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# Posté le mardi 15 avril 2008 10:28

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